La mondialisation : nature et enjeux

Qu’est ce que la mondialisation ?

Il y a toujours eu au cours de l’histoire de nombreux échanges, mélanges, brassages et interactions entre les différents peuples de la terre, tant au point de vue économique, social et politique qu’aux point de vue communicationnel ou culturel.

Commerce international, flux migratoires et rencontres d’idées ne datent certainement pas d’hier. Pourquoi parle t’on donc tant à l’heure actuelle de « mondialisation », souvent en tirant la sonnette d’alarme, alors que le phénomène semble présent depuis si longtemps ?

De manière schématique, on peut affirmer que le phénomène de mondialisation que nous connaissons aujourd’hui revêt 2 grandes caractéristiques saillantes.

1 - Il repose essentiellement sur l’extension à l’échelle mondiale d’une politique économique appelée libéralisme qui prône notamment la libre circulation des capitaux, des biens et des personnes. Ce modèle économique qui encourage la compétitivité, le profit et la rentabilité a des effets très contradictoires. S’il permet par exemple le développement constant de technologies nouvelles, il a des conséquences désastreuses sur le plan humain, tant en Europe que dans les pays en développement.

2 - La mondialisation, c’est aussi la domination planétaire du modèle culturel occidental. L’Europe et l’Amérique du Nord n’exportent pas seulement leurs produits ou leurs biens, ils exportent aussi leurs idées, leur culture et leurs modes de pensée. Là aussi des dangers existent notamment une standardisation ou uniformisation de la pensée.

A ces 2 caractéristiques, il faut ajouter un important facteur d’expansion et d’accélération qui est le développement des (télé)communications et des transports. Tout va plus vite et tout devient plus proche de jour en jour. Le monde devient un village dont les citoyens forment un réseau (la toile d’Internet). Le local, le régional, voire même le national ont perdu du sens car tout s’internationalise et se mondialise. Les questions de changement climatique et d’environnement sont devenues un problème mondial (processus de Kyoto), les catastrophes et les maladies concernent tout le monde (tsunami, sida, grippe aviaire, etc…) et même la violence se mondialise avec le terrorisme. Tout ceci affecte donc énormément nos modes de vie, nos modes de consommation, ainsi que notre pensée et notre identité (individuelle, citoyenne et collective).

Quels sont les enjeux de la mondialisation ?

D’une manière générale, il faut repenser la mondialisation en termes de droits humains, d’équité et de solidarité et non plus en terme de profit, de marchandisation des rapports humains et d’exclusion car la situation actuelle n’est profitable à personne. Un seul exemple : les grandes entreprises internationales restructurent et licencient massivement dans les pays industrialisés pour délocaliser dans les pays où la main d’œuvre est ridiculement bon marché et taillable et corvéable à merci car les lois sociales n’y existent pas1. Le résultat est dramatique : drames sociaux, chômage et accroissement de la précarité chez les uns, exploitation, maltraitance et extrême pauvreté chez les autres.

Certains diront à juste titre que ces pratiques permettent la croissance et la richesse de certains pays (nouvelles puissances économiques : la Chine, le Brésil, l’Inde), mais force est de constater que seule une poignée d’individus privilégiés en profite, alors que des milliers de travailleurs sont maintenus dans un état de misère et d’asservissement proprement scandaleux. Loin d’être un facteur d’intégration, la mondialisation actuelle est une forme organisée de discrimination et d’exclusion. Elle est porteuse d’énormes inégalités et bafoue les droits fondamentaux de millions d’enfants, de femmes et d’hommes partout dans le monde.

Se prononcer pour ou contre la mondialisation n’est plus d’actualité. Ce qui importe, c’est de tout mettre en œuvre pour la modifier de manière significative, c'est-à-dire la rendre plus juste, plus équitable, plus respectueuse des droits humains et plus solidaire. Cela passe avant tout par un devoir de chacun de s’informer, en d’autres termes arriver à une compréhension et à une prise de conscience individuelle et collective des problèmes et enjeux actuels. Cette attitude citoyenne indispensable doit ensuite donner lieu à un changement au quotidien dans notre manière de consommer et dans nos rapports avec les autres. S’informer et agir constituent dès lors la véritable clé de voûte de la démarche responsable que chacun d’entre nous, en tant que citoyen du monde, est appelé à adopter.

1* Une logique implacable – Olivier Hubert – La Libre Belgique 27/11/2006

 

(Extrait du Sel Projets Mars 2007 - P.O. Laloux)