Je m'appelle Tassadit, je suis née en Kabylie dans la ville de Tizi-Ouzou, près des montagnes. Je n'avais pas un an quand mes parents ont décidé d'émigrer en France pour des raisons médicales et économiques. Avec ma sœur et mes parents nous avons habité une pièce du dernier étage d'un pavillon à la Garenne-Colombes dans la banlieue parisienne pendant six ans. Mon père a été embauché comme magasinier dans une usine de roulement à billes de la région. La famille s'est agrandie avec deux autres enfants, nous étions très pauvres, mais nous n'avons jamais manqué d'affection. Mes parents avaient été élevés dans la religion islamique, mais nous ne pratiquions pas.

1959: L'abbé Pierre
Le chef d'équipe de mon papa était adjoint au maire de La Garenne, et c'est lui qui félicitait les élèves méritants à la fin de l'année. Cette année là, j'avais le prix d'honneur et Mr Adolphe en me serrant la main a réalisé que j'étais la fille d' un de ses ouvriers très courageux. Il connaissait nos conditions difficiles de logement et il a décidé de nous aider. Nous étions en 1959 et L'association de l'Abbé Pierre venait de construire son premier HLM dans notre ville, et un grand logement nous a été réservé. Nous avons emménagé dans une explosion de joie, avec une grande gratitude pour cet homme d'église. Ce logement nous est tombé comme un cadeau du ciel.
Nous étions les seuls étrangers de l'immeuble, mes copines allaient au catéchisme et m'invitaient à leurs kermesses. C'était pour moi des moments festifs qui ont marqué mon enfance. Nous n'allions jamais en vacances, et je me réfugiais dans la lecture. J'empruntais jusqu'à 12 livres par semaine à la bibliothèque. Le travail scolaire me permettait de m'investir à fond. Je m'étais complètement identifiée avec l'école, elle remplissait ma vie. Malgré cela, un vide subsistait.

1973: vacances à la neige
Une camarade de l'université, m'a un jour invitée aux sports d'hiver, dans le cadre de l'aumônerie dont elle faisait partie. Nous étions encadrées par des sœurs et j'ai expérimenté là- bas une atmosphère de paix, d'harmonie, de tolérance et de gaieté que je n'avais jamais connue. Mais je n'osais pas me joindre à leurs veillées de chants, de lecture de la Bible et de prière car je pensais qu'il fallait être assez initiée pour y participer. Or je n'avais aucune connaissance religieuse. Au retour de ce séjour, je suis restée sur ma faim, car mon amie ne m'en a jamais reparlé.

Illusions perdues
Mon passage à l'université m'a ouverte aux doctrines communistes. En outre, j'étais inscrite au MRAP (mouvement anti-raciste), car j'aspirais à plus de sociale et plus de fraternité. Mais je voyais bien que dans la vie pratique de nos associations, nous étions bien loin de vivre réellement ces choses. J'étais insatisfaite. Mon père que j'admirais beaucoup est mort en 1983. Sa disparition m'a laissée désemparée, c'était un rempart moral, et j'ai commencé à faire des bêtises. Ma vie sentimentale a été un échec total, et j'ai vécu sans savoir pourquoi ni pour qui. La religion islamique m'irritait profondément et j'ai pris le contre-pied de tous ses principes. Je refusais d'être mère, et je militais à fond pour la parité et la libération de la femme, car je voyais trop les dégâts que certains préceptes religieux avaient fait autour de moi. Mais je n'avais toujours pas trouvé le bonheur et j'étais obligée de prendre des calmants pour dormir.

Lumières sur ma route
Malgré cela Dieu mettait quelques lumières sur ma route. Une amie colombienne très croyante m'a témoigné beaucoup d'amour et de respect. Une autre fois, dans le collège où je travaillais une collègue de travail a déposé une Bible dans mon casier avec un mot gentil.
Plus tard, une collègue de travail chrétienne, m'a proposé d'aller faire une retraite dans une abbaye bénédictine, car elle avait senti que j'étais en recherche. La sœur hôtelière était agrégée de lettres classiques et je n'oublierai jamais son amour et son accueil dans cette communauté. Je suis revenue deux fois dans cet havre de paix, tellement j'avais été heureuse. Ces sœurs m'avaient complètement intégrée à leur liturgie.


Nouvelle naissance
J'ai finalement rencontré un collègue, qui respirait la joie, la confiance et la liberté et pour la première fois on m'a parlé directement, clairement et simplement de l'évangile, de son message de délivrance. Mon cœur était prêt et j'ai tout de suite accepté. Dans un café de campagne, après un sandwich au jambon j'ai fait avec mon collègue ma première prière. J'étais très émue et j'ai vraiment ressenti la présence de Dieu au travers de moi, j'étais devenue une nouvelle personne. Petit à petit, j'ai appris a prier, à parler à ce Dieu qui m'aimait, qui me pardonnait et qui me permettait de repartir à zéro. On m'a offert ma seconde Bible et chaque jour je découvre un merveilleux message. Du jour au lendemain j'ai été délivrée de ma dépendance médicamenteuse.
Une profonde paix a envahi ma vie, Jésus m'a libérée. J'ai pu librement me joindre aux autres chrétiens et chanter avec eux de tout mon cœur pour adorer ce Dieu qui s'était révélé à moi. J'ai été libérée de tous les jougs et les fardeaux qui pesaient sur moi. Je vous souhaite à tous de faire la même expérience.

(Confessions de Tassadit - jeune femme Kabyle élevée dans la religion islamique)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elevée dans la religion islamique